05/02/2009

Grâce à Sainte Rita

par Pascal Rebetez

 

Il y a six ans déjà, je cédais à une fatigue conjugale pour écrire ceci :

 

Terminus

 

Ton corps reprend ses draps

dès ce soir je retombe dans mes plis

nous ne nous aimerons plus

ni d'attente ni de cœur ni des bras

les chants passent à Radio Nostalgie.

 

Je n'ai pas fini la carte du tendre

il manque des pièces à notre joie

tant pis; rien ne vaut de se pendre

la vie ressemble au jeu de l'oie.

 

Rebours à la case départ

désormais se languir de rien

sinon du temps, de l'art pour l'art

un cadre en bois sans ton Titien.

 

Il eut fallu que je t'adore

vigie muette de ta proue

je n'ai su qu'aimer à babord

miracle d'un an peu ou prou.

 

Tu vas voguer sur tes galères

j'irai à mes Vénus d'écume

ferons-nous le tour de mos mers

avant que d'attraper un rhume?

 

Nos yeux vont couler cette nuit

c'est normal qu'ils fassent naufrage

je n'ai pas la dureté du buis

ni sa souplesse à rendre hommage.

 

Il faudra dire aux camarades

que notre "17" a fait long feu

nous éviterons les barricades,

pas le jaune plaisir des envieux.

 

Adieu ma dame des suppliques

me restent la queue et des cierges

restent ton feu et tes répliques

et Sainte Rita… ma bonne vierge!

 

Aujourd’hui, je lui rends grâce. Merci Rita, patronne des causes désespérées et des parcours tortueux, tu m’as conduit là où je ne pouvais espérer me rendre.

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