26/06/2010

Quel avenir pour les blogs ?

1279403016.jpgAvec plus de 290 notes rédigées, l'enseignant Jean-Michel arc Olivier fait figure de bon élève ! Son secret ? La générosité ! Sinon comment expliquer cette assiduité ? Car l'homme au regard pétillant fait aussi tinter les mots au-delà de son blog: dans ses nombreux romans et essais ainsi que dans le mensuel culturel genevois Scènes Magazine dont il est le fondateur.

Qu'est-ce qui vous a décidé à créer votre blog  en 2007?

Je trouvais le principe tout à fait intéressant. C'est en effet un espace de liberté totale que l'on peut alimenter à son grès. Un blog, c'est un peu comme une plante, il faut l'arroser de temps en temp sinon il dépérit !





Quel est votre rythme d'écriture?

Au début, j'essayais de m'imposer trois billets par semaine, mais c'était sans compter les périodes de vacances. Je dois aussi partager mon temps entre mon poste d'enseignant, l'écriture de mes romans, mes articles dans Scènes magazine et ma vie de  famille !

Ecrire sur un blog, est-ce un exercice difficile?

Il existe à Genève et en Suisse romande une tradition du journal intime. L'écrivain du 19e  Henri-Frédéric Amiel  en est un parfait exemple.  Le blog, c'est un journal «extime» ! On peut réaliser  le même travail qu'avec  le journal intime mais sous les yeux des autres, d'une certaine manière. C'est à la fois grisant et intimidant. Voire risqué. Il faut décider de ce que l'on peut dire ou pas et en ce sens, il y a une mise en danger assez intéressante.

Quelles sont vos sources d'inspiration?

Mes sujets sont en lien avec l'actualité ou encore l'humeur du moment. C'est également l'occasion pour moi de savoir si les lecteurs apprécient mes romans. Par exemple, je viens de terminer un nouveau livre et j'en ai publié des extraits sur mon blog. Ainsi, je peux en avoir des retours grâce aux commentaires. Mais je dois avouer qu'il y a un sujet qui me tient à cœur: il s'agit de la rivalité qui existe entre Genève et Lausanne. D'où mon premier billet sur ce sujet. A ce propos, Nicolas Bouvier disait qu'il était frappé par la diversité des mentalités en Suisse et pensait qu'il y avait moins de différences entre un huron du Canada et un habitant de la Californie qu'entre un Genevois et un Lausannois!

Comment gérez-vous les commentaires?


Au début, je m'étais fixé de répondre à tous les commentaires mais très vite, je me suis aperçu, selon les sujets, que ce n'était pas toujours possible. Selon moi, c'est le seul point délicat à gérer.

Faut-il supprimer l'anonymat d'après vous?

Dans l'idéal, Oui. Parce qu'au fond, avec Internet, tout le monde avance masqué. Comme dans un bal costumé. On ne sait jamais si on a affaire à un homme ou une femme. Sans parler du fait que c'est peut-être votre frère, votre sœur ou votre voisin qui avancent masqués. C'est un peu troublant. Mais il est vrai que d'un autre côté, cela libère la parole. Quand on a un masque, on peut faire ce que l'on veut. Les blogueurs se lâchent!

Votre rapport au blog a-t-il évolué?


Oui. Au début, il faut un certain temps pour s'acclimater à cette nouvelle technique, à ce rythme et ce dialogue. A présent, il me semble en effet que je maîtrise un peu mieux l'aspect technique.

Justement, quel est votre lien à la technologie?

J'ai mis longtemps a accepté que cela m'intéressait. Je dirai même que je suis assez « gadget »! Aimant beaucoup le piano, je retrouve avec le clavier de mon ordinateur quelque chose de familier et ludique. On peut aussi jouer et improviser!

Qu'est-ce que le blog a changé pour vous?

C'est un monde en soi! C'est vraiment la blogosphère. C'est comme la jungle ou la forêt amazonienne. On avance. On tombe sur des serpents. Mais très vite, on lit les blogs des autres et on découvre de très bonnes plumes. C'est stimulant! Au point de faire tous les jours le tour des blogs. C'est devenu un rituel !

Est-ce que l'audience vous importe?

Ce serait un peu hypocrite d'affirmer le contraire. Mais d'un autre côté, il ne faut pas céder à la dictature de l'audimat. Je sais très bien quels sont les sujets qui font réagir et de temps en temps, par provocation j'en parle. Mais d'une manière générale, je choisis les sujets qui me font plaisir. Ecrire un blog est un acte de générosité.

Un dernier mot?

D'une manière générale, la situation de la presse est inquiétante. Les blogs attirent de nouveaux lecteurs et développent ce qui sera la presse de l'avenir. On ne va pas y échapper. En ce sens, les blogs ont un bel avenir devant eux ! ».Propos recueillis par Esther Ackermann

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