17/04/2011

Extension des nouvelles tyrannies II

Par Pierre Béguin

Ritaline.PNGUn collègue rapportait récemment ces mots tenus par l'institutrice de sa fille: «Votre fille est intelligente... mais elle n'est pas vraiment dans le moule. Vous devriez avoir un entretien au SMP (Service Médico-Pédagogique)».

Si le suivi du SMP peut être bénéfique, l'expression «dans le moule», énoncée avec beaucoup de naïveté par une institutrice qui n'en a pas mesuré toute la portée, amène certains commentaires:

- Tout d'abord que cette brave institutrice, elle, est bien «dans le moule» de la FAPSE (Faculté de Psychologie et Sciences de l'Education). Et que, par conséquent, tous ceux - élèves compris - qui ne figurent pas dans ce moule doivent y être ramenés in petto. Il en va de leur propre rédemption et du salut de leur âme.

- Ensuite, et surtout, que les normes, à l'école comme ailleurs, se sont à ce point resserrées que tout ce qui dépasse du cadre est considéré comme suspect, voire déviant, et doit être immédiatement taillé, raboté, uniformisé, formaté pour revenir «dans le moule». Car l'uniformisation est le nouveau grand cheval de bataille du DIP. Et tous les braves petits soldats, dans les écoles ou aux étages de la Direction Générale, tirent à la même corde, soit qu'ils n'ont ni l'imagination ni l'intelligence de nuancer les ordres, soit qu'ils visent une promotion en prenant la pose du paillasson approbateur (j'ai des noms! j'ai des noms!) Avec la mondialisation, finis les chemins de traverse, l'heure est aux autoroutes de la pensée! A condition de s'arrêter aux péages...

La médicalisation, par exemple, participe allégrement de cette tendance. On en mesure les premiers effets dans les Conseils de groupe (ex Conseils de classe) au Collège. Il n'est pas rare que des élèves qui ne sont pas «dans le moule», au comportement un peu agité, se voient cataloguer d'hyperactifs. Le mot est à la mode, pourquoi s'en priver? Et puis ça vous donne des allures de spécialistes. Allez! Qui n'a pas ressenti parfois un déficit de concentration, de l'impulsivité, une tendance à s'agiter tous azimuts, une difficulté à prêter attention aux âneries des autres? Qui ne connaît pas un enfant turbulent et incapable de se concentrer en classe? Que celui-ci se lève et rende sa Danette! Nous sommes tous des malades qui nous ignorons. Un certain nombre d'entre nous peuvent donc légitimement souffrir d'un trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité (TDAH). Qu'à cela ne tienne! Il existe maintenant un stimulant de la famille des amphétamines, efficace à 100%, qui vous transforme d'un coup de baguette magique ces loups hurlants en moutons attentifs. Car l'hyperactivité figure en bonne place dans le DSM4*, avec son remède miracle: la Ritaline. Un comportement qui n'est pas «dans le moule»? Allez hop! Vite un coup de Ritaline! Ah, ça va mieux, ça va bien! Selon le New Scientist, 4 millions d'Américains, enfants (certains dès l'âge de 4 ans!) ou jeunes adultes pour la plupart, en consomment sur ordonnance. Le tsunami TDAH s'apprête à déferler sur nos terres.

Comme je m'inquiétais de cette médicalisation de l'école auprès d'un copain médecin, celui-ci me répondit en vantant les bienfaits de la Ritaline, précisant qu'il connaissait plusieurs cas où sa prescription avait résolu des problèmes de parcours scolaire délicat. Peut-être. Un peu comme la prise d'EPO facilite une victoire au Tour de France? Décidément, les médecins eux aussi sont «dans le moule». Bien sûr, le diagnostic doit être fait par plusieurs instances (éducateurs, enseignants, médecins), bien sûr il doit être confirmé par un examen neuropsychologique. Peut-on affirmer pour autant qu'il soit aussi infaillible que le système bancaire ou les centrales nucléaires? Et puis, que vaut un examen quand on est juge et parti? Et que peut le généraliste sous la pression de parents qui exigeraient à tout prix la réussite scolaire de leur enfant? D'autant plus que le concept d'hyperactivité a le grand mérite de dédouaner les principaux acteurs de l'éducation (parents, professeurs, politiciens) de leurs responsabilités dans les comportements antisociaux des enfants. Bref, quand la maladie arrange tout le monde, le médicament ne peut que s'imposer.

Le plus inquiétant, c'est que le DSM5, prévu pour fin 2011, va introduire la colère dans ses pathologies. D'accord, pas la colère fondée que vous ressentez face à l'inefficience des Transports Publics, surtout s'ils sont Genevois, ni celle légitime qui vous envahit lorsque vous réalisez, 4 ou 5 fois par jour, que décidément on vous prend pour un c... Non! Une colère pathologique, une vraie, avec ses symptômes dûment répertoriés... et médicalisés. Alors imaginez ce qu'il va bientôt advenir du pauvre élève en déficit d'attention, un peu agité, et qui aurait l'audace de se mettre en colère à la moindre contrariété! Dans le moule et vite, que ça le gratouille ou ça le chatouille! Et d'abord dans le moule pharmaceutique grâce à une médication adéquate! Aux quatre coins du monde, Ritaline, ritalinons, ritalinez, et les diplômes seront bien distribués! Et tant pis pour les conséquences! Car la Ritaline est un véritable psychotrope, et si la loi était la même pour tout le monde, appliquée aussi durement pour les groupes pharmaceutiques qu'elle l'est pour les cultivateurs de chanvre, notre ami Rappaz aurait de la compagnie dans sa cellule...

L'épisode du vaccin contre le virus H1N1 a souligné l'écart ténu entre prévention et «disease mongering» (le fait d'inventer une nouvelle maladie pour développer un nouveau marché et vendre des médicaments). La question peut légitimement se poser avec le TDAH et son pendant médicamenteux, la Ritaline. Dans tous les cas, c'est une nouvelle tyrannie qui montre bien que, derrière la volonté d'uniformiser, se cachent souvent des intentions perverses et des intérêts importants, entre autres, la médicalisation. Ça ne vous rappelle rien? C'était en 1924, sous la plume de Jules Romains:

«Vous me donnez un canton peuplé de quelques milliers d'individus neutres, indéterminés. Mon rôle, c'est de les déterminer, de les amener à l'existence médicale. Je les mets au lit, et je regarde ce qui va pouvoir en sortir: un tuberculeux, un névropathe, un artério-scléreux, ce qu'on voudra, mais quelqu'un, bon Dieu! quelqu'un! Rien ne m'agace comme cet être ni chair ni poisson que vous appelez un homme bien portant (...) Songez que, dans quelques instants, il va sonner dix heures, que pour tous mes malades, dix heures, c'est la deuxième prise de température rectale, et que, dans quelques instants, deux cent cinquante thermomètres vont pénétrer à la fois...»

Au médecin humaniste qui lui reproche de subordonner l'intérêt du malade à celui du praticien, Knock, qui avait déjà imaginé le «disease mongering», répond: «Vous oubliez qu'il y a un intérêt supérieur à ces deux-là, celui de la médecine». Nous pourrions rétorquer à Knock qu'il y a deux intérêts encore supérieurs à celui de la médecine: celui des grands groupes pharmaceutiques et celui de leurs actionnaires. Je crains que nous ne finissions tous «dans leur moule», si ce n'est déjà fait...

 

  • DSM : Manuel diagnostique et statistique des troubles psychiatriques. Il permet une aide au diagnostic et une unification du langage spécialisé. Le DSM est à la psychiatrie ce que la Bible est au Christianisme.

Commentaires

Tu te souviens, Pierre....
"Vol au-dessus d'un nid de coucou" !
Jack Nicolson, hop, dans le moule!

Écrit par : Duval | 17/04/2011

nous sommes tous dans le moule qu'on le veuille ou non,pour preuve nous les petits cobayes retirés de la circulation pour les raisons connues maitenant par presque tous,la guerre fini ,il fallait bien terminer les stocks sur des humains consentants ou pas,l'effet boomerang se fait sentir maintenant mais les précurseurs des soins actuels gardent encore dans leur âme d'enfant ses regards de spécialistes ,tous à la queue leu leu pour vaccins ou autres médicaments,vous avez dit Ciba-Geigy,rajoutons -y allez sans rancoeur c'est dimanche le fameux pro-juventute dont le latin aurait dû en éclairer plus d'un et plus vite,seul un internaute courageux eut cette phrase sublime ,ah si j'avais su la vraie histoire des timbres nous obligeant à courir par n'importe quel temps,en effet de quoi être timbrés à vie!
bon dimanche à vous

Écrit par : lovsmeralda | 17/04/2011

Et voilà certains crétins qui inventent le crime d'intelligence! L'intelligence justement, c'est de n'être pas "dans le moule". A ce train-là, on pourrait organiser le service militaire dès l'école enfantine! Honte à eux!


"Je crains que nous ne finissions tous «dans leur moule», si ce n'est déjà fait..."

Oui, c'est fait. Dans le moule de l'industrie qui nous fait avaler toutes ses saloperies chimiques (bisphénol, phtalates, sucres artificiels, huiles minérales, pesticides, etc.) qui - à terme - vont nous rendre malades, nous rendent déjà malades. Plus forts que Knock! Saloperie de "moule".

Écrit par : Johann | 17/04/2011

Le travail ne se fait pas assez en tenant compte des familles, que l'on parle des ordres primaires ou secondaires. On ne peut pas comprendre la violence que représente des normes imposées en classe pour certains, ces normes n'ayant que peu évolué...alors que les parcours l'ont fait, eux.

Note : le SMP n'existe plus, il s'agit à présent de l'O(office)MP.

Écrit par : A.T. | 17/04/2011

Je vais un peu me faire l'avocat du diable, en mentionnant les histoires que me raconte une amie qui a fini par fuir le para-scolaire genevois où elle travaillait : une gamine qui fait tomber des bibliothèques entières, plusieurs fois de suite. Des gamins qui jettent leurs affaires depuis les derniers étages sur ceux qui passent plus bas, etc, tout cela dans l'indifférence totale du corps enseignant...
Cette discussion sur la Ritaline n'est pas simple. Nous sommes tous d'abord de la biochimie, hormonale en premier lieu. Les femmes et leurs menstruations avec leurs effets secondaires (que les féministes veulent nier à tout prix. Pourquoi ?), les jeunes crétins bourrés de testostérone qui se fritent la gueule pour un oui ou un non, etc...
Et si votre ami médecin avait aussi un peu raison ? Et si avec une petite molécule on permettait à un gamin survolté de suivre une scolarité normale ? Refusez-vous une aspirine lorsque vous avez mal à la tête ?

La question me parait beaucoup, beaucoup plus grave au sujet de la benzo-diazépine. Prozac, Temesta. Et in fine, la question des soins palliatifs : n'est-ce pas profondèment malhonnête de prétendre aider les gens à mourir en les bourrant de morphine et de benzo-diazépine et de combattre "Exit" dans les débats sur la question ? Ne vaut-il pas mieux partir dignement en une fois avec un peu de pento-barbital que de subir des semaines de profondes dégradations sous une camisole chimique blindée ?

Écrit par : Géo | 17/04/2011

@Geo,dans les années 66 la ritaline était vendue comme coupe-faim,certaines femmes devaient parfois travailler de 6h du matin jusqu'à 22h,celle-ci vendue sans ordonannce faisait fureur ,le problème majeur ,une fois l'appétit diminué ,ces femmes arrivaient à ne plus dormir passant leurs journées à travailler et faire la bamboula toute la nuit,cette mode ne dura qu'un temps,les plus accrocs car la Ritaline avalée tous les jours devient dépendance,arrivèrent à s'en séparer ,leurs orgnisme tellement fragilisés par l'hérédité de leurs mères qui elles se shootaient aux fameux sandwich Saridon qui leur permirent de tenir la cadence dans le milieu horloger de l'époque ,alors d'instinct ces femmes leurs filles en l'occurence surent stoper à temps, si vous dites Ritaline pour des enfants super actifs,il existe un danger aussi minime soit-il il faut en tenir compte surtout sur des organismes d'adolescents c'est à dire en pleine construction!

Écrit par : lovsmeralda | 17/04/2011

"elles se shootaient aux fameux sandwich Saridon"
N'oubliez pas le Kafa.
NB Ce sont des souvenirs, pas de la publicité.

Écrit par : Mère-Grand | 18/04/2011

Un article d'un journal australien évoquait récemment l'énorme augmentation de la prescription de Ritaline au cours des dix dernières années. Il faisait aussi le constat que la plupart des garçons "hyperactifs" d'aujourd'hui auraient simplement été considérés comme "turbulents" autrefois. Le phénomène est certainement aggravé par la féminisation presque complète du corps enseignants primaire.
Constater tout cela ne signifie pas qu'il faut refuser systématiquement toute aide médicamenteuse à un enfant qui souffre et dont la famille souffre avec lui. Il est bien possible que dans une société différente, à une époque différente, dans des lieux différents, ils n'auraient pas été exposés à ces souffrances, qu'il n'ait pas été nécessaire du tout de le couler l'enfant (et peut-être sa famille) dans un moule hostile, qu'il n'ait pas été "inadapté" aux exigences auxquelles sa vie présente le soumet. On a évoqué l'usage des dopants par les sportifs, dopants sans lesquels la plupart n'ont plus aucune chance de gagner. II est à craindre que de plus en plus les parcours scolaires et professionnels soient soumis aux mêmes contraintes que celui des sportifs, et que les mêmes problèmes philosophiques et moraux se posent à leur propos.
Nous pouvons évidemment tous évoquer des noms d'aités et d'insoumis devenus célèbres et même heureux (ou pas plus malheureux que les autres): mais souvent il s'agit-là de personnalités très fortes, capables de résister à tout, de se passer même de formation traditionnelle. Leur entourage ne peut alors souvent que les voir se dissiper, se perdre, s'enfoncer apparemment du moins, jusqu'à ce qu'ils aient fait leur mue et émergent dans toute la splendeur de leurs talents. Mais quels sont les parents et les enseignants qui peuvent se résoudre à cette sorte de pari? La prescription "ne pas nuire" devient presque impossible à suivre, tant le meilleur chemin pour s'y conformer est noyé dans la brume des peurs, des idées reçues, des théories et des idéologies dominantes de l'époque, de l'amour même.

Écrit par : Mère-Grand | 18/04/2011

@Mère-Grand,en effet vous faite bien de le relever concernant la publicité pas besoin d'en faire toutes les TV ont leurs spots médicaux à vous dégouter même de regarder de bons films,les mots se trasformant en maux la TV bat tous les records en matière d'autosuggestion!

Écrit par : lovsmeralda | 18/04/2011

Correction: Lisez "des noms d'inadaptés et d'insoumis"

Écrit par : Mère-Grand | 18/04/2011

En tant que premier Licencié COP (je dois être le premier à m'être fait virer du Cycle d'Orientation de Pinchat, section latine, pour cause de .... forte tête) en 69, il est heureux que ce remède magnifique ne fut pas systematisé à cette époque. Je me pavanerais à l'heure actuelle dans des brumes ritalinesques, aux frais de l'Hospice général. Heureusement qu'à l'époque il y avait des profs qui en avaient, et qui avaient même du répondant intelligent pour les ados insoumis post-68tards que nous étions alors, même que certains devinrent célèbres par la suite, si, si, j'ai les noms. 'sta luego, compañero !

Écrit par : Guillaume | 18/04/2011

Comme le dit Geo, c'est vrai, il y a des enfants dont le comportement est plus hors limites que hors du moule. Il y a de réelles pathologies.

Mais on ne cherche pas assez du côté des excès de sucrés, ou des additifs de certains aliments qui sont dénoncés depuis des décennies.

Mais aussi, d'accord avec Pierre, la tendance à médicaliser les comportements est bien là. Et ceux qui exécutent cette médicalisation ne sont pas forcément neutres.

Alors apprendre que la colère va faire partie des pathologies du DSM5, c'est plutôt inquiétant. La société est sous pression, stressée de manière presque continue, en plus des questions familiales, mais tout comportement est lui encadré, lissé. Tout le monde n'arrive pas à être zen. Certains pètent!

Le DSM sera-il l'instrument de normalité des régimes démocratiques? Le petit livre vert du rabotage de comportement?

Écrit par : hommelibre | 19/04/2011

Je suis une adulte récemment diagnostiquée TDAH. Je suis d'accord avec vous sur le fait qu'il ne faut pas médicaliser les enfants qui sont simplement turbulents et insoumis.
Je ne vais pas me lancer dans la polémique, car je sais que vous êtes très remonté (avec raison) contre les laboratoires pharmaceutiques qui veulent vendre à tout prix leurs médocs.
Mais dire que l'hyperactivité n'existe pas, c'est faux. Il y a tous les jours des "vrais" TDAH qui meurent des suites de leurs tendances à l'addiction, d'accidents malencontreux et tout simplement de suicide, comme cela à failli être mon cas. Vous ne savez pas de quoi vous parlez, mais c'est le propre des gens vraiment convaincus.
Mais la réalité est complexe :
Oui, cette affection neurologique existe (si vous en étiez atteint, croyez-moi ou non, vous n'en douteriez pas ! ) et oui, elle est utilisée en ce moment pour traiter les cas difficiles qui ne relèvent pas du tout de cette pathologie et pour engraisser les laboratoire pharmaceutiques.
J'ai 52 ans, j'ai été boulimique, paranoïaque, je fume encore, j'ai bu un peu...et je vais bientôt prendre de la Ritaline. Je suis un bon gros mouton (tout noir !). :)

Écrit par : Sylvie | 21/04/2011

Votre intervention vient à propos pour rappeler un aspect de nos inégalités biologiques souvent passé sous silence: celui de nos différences en ce qui concerne les fonctionnements endocriniens. Alors que certains ne se sentent à peu près bien qu'en s'adonnant à une intense pratique sportive qui augmente le taux d'endorphines qui circule dans leur sang, d'autres jouissent naturellement d'une production plus forte et se sentent apte aux tâches quotidiennes de la vie sans cette pratique et sans consommer ni anti-dépresseurs ni drogues interdites.
Un certain nombre de toxicomanes sont ainsi tombés dans la dépendance non par recherche d'un paradis artificiel, mais simplement par désir de se sentir un peu mieux dans leur peau. Selon certains spécialistes en la matière, il en est qui ont ainsi besoin d'un traitement de substitution à vie pour mener, non pas une vie de "shooté" de bonheur, mais simplement une vie de moindre souffrance.
Cette constat est évidemment sujet à débat de nombreux points de vue, mais si nous ne laissons pas aller à des préjugés non rationnels ou à des prises de position purement idéologiques, nous ne pouvons que prendre acte du fait de ces inégalités, et essayer d'y pallier dans les cas les plus douloureux par des mesures qui choquent éventuellement nos conceptions. Certaines remarques faites ici-même à propos du Prozac (emblème des antidépresseurs portés aux nues au voués aux enfers) le prouvent.
Dès que nous sommes prêts à entrer de bonne foi dans ce débat, nous sommes évidemment confrontés à un nouveau débat: celui de la liberté d'utiliser certaines substances et à la prohibition actuellement en vigueur contre elles. De plus en plus de voix s'élèvent ainsi dans le monde, et cela même chez des gens qui n'ont jamais fumé un joint, pour faire le constat de l'énorme gaspillage, en argent et même en vies humaines, que constitue la lutte actuellement menée par la plupart des gouvernements pour pénaliser les diverses drogues: inefficace, coûteuse, génératrice de crimes, de criminels et d'organisations criminelles au niveau mondial, elles font nécessairement penser aux grandes prohibitions américaines de l'alcool et des jeux, tout aussi inefficaces, inutiles et finalement malfaisantes.

Écrit par : Mère-Grand | 22/04/2011

@Sylvie
Votre intervention vient à propos pour rappeler un aspect de nos inégalités biologiques souvent passé sous silence: celui de nos différences en ce qui concerne les fonctionnements endocriniens. Alors que certains ne se sentent à peu près bien qu'en s'adonnant à une intense pratique sportive qui augmente le taux d'endorphines qui circule dans leur sang, d'autres jouissent naturellement d'une production plus forte et se sentent apte aux tâches quotidiennes de la vie sans cette pratique et sans consommer ni anti-dépresseurs ni drogues interdites.
Un certain nombre de toxicomanes sont ainsi tombés dans la dépendance non par recherche d'un paradis artificiel, mais simplement par désir de se sentir un peu mieux dans leur peau. Selon certains spécialistes en la matière, il en est qui ont ainsi besoin d'un traitement de substitution à vie pour mener, non pas une vie de "shooté" de bonheur, mais simplement une vie de moindre souffrance.
Cette constat est évidemment sujet à débat de nombreux points de vue, mais si nous ne laissons pas aller à des préjugés non rationnels ou à des prises de position purement idéologiques, nous ne pouvons que prendre acte du fait de ces inégalités, et essayer d'y pallier dans les cas les plus douloureux par des mesures qui choquent éventuellement nos conceptions. Certaines remarques faites ici-même à propos du Prozac (emblème des antidépresseurs portés aux nues au voués aux enfers) le prouvent.
Dès que nous sommes prêts à entrer de bonne foi dans ce débat, nous sommes évidemment confrontés à un nouveau débat: celui de la liberté d'utiliser certaines substances et à la prohibition actuellement en vigueur contre elles. De plus en plus de voix s'élèvent ainsi dans le monde, et cela même chez des gens qui n'ont jamais fumé un joint, pour faire le constat de l'énorme gaspillage, en argent et même en vies humaines, que constitue la lutte actuellement menée par la plupart des gouvernements pour pénaliser les diverses drogues: inefficace, coûteuse, génératrice de crimes, de criminels et d'organisations criminelles au niveau mondial, elles font nécessairement penser aux grandes prohibitions américaines de l'alcool et des jeux, tout aussi inefficaces, inutiles et finalement malfaisantes.

Écrit par : Mère-Grand | 22/04/2011

Les commentaires sont fermés.