27/03/2012

de sang froid

par antonin moeri

 

 

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Celle qui le défendait devant les tribunaux parle d'un ado "gentiment crâneur, attachant, maladroit". Elle semble même avoir été touchée par ce garçon qu'elle sentait abandonné et dont "le rapport aux adultes était marqué par une grande politesse, une certaine délicatesse". MM avait commis des délits mineurs et son avocate ne l'a jamais entendu proférer "un discours qui puisse faire imaginer sa future dérive".

Naturellement, les médias se sont emparés de l'affaire du tueur de Toulouse avec leur habituelle jouissance voyeuriste. Si un cordon de sécurité n'avait pas été tiré autour de l'immeuble où se terrait le jeune tueur, les journalistes auraient filmé de tout près l'ado recevant une balle de sniper en plein front et sa chute sur le bitume ou le gazon, son corps inerte, devenu enfin cadavre au grand soulagement de tout un chacun. Mais en aurait-on su davantage sur ce gamin des cités qui a versé dans l'innommable, l'abjection, la barbarie? Après les auteurs s'étant saisi des affaires Romand, Dick Hickock, Perry Smith, Fritzl et Youssouf Fofana (Tout tout de suite, prix Interallié 2011), quel écrivain ira interroger les agents du RAID, les proches de MM, fouiller les archives de la police et des tribunaux toulousains pour imaginer le roman sur celui qui a froidement abattu Imad, Abel, Mohamed, Jonathan et trois enfants du Collège juif Ozar-Hatorah?

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