31/08/2012

Delphine de Girardin, La canne de M. de Balzac

Par Alain Bagnoud

Épouse d'Emile de Girardin, le célèbre journaliste, Delphine de Girardin (1804-1855) est une femme de lettres à part entière, qui ne doit rien à personne et tout à son talent. Elle écrivait des chroniques dans un journal, sous un pseudonyme masculin. Évidemment, vu l'époque.

Elle avait aussi un salon fréquenté par l'élite littéraire de l'époque. Notamment Balzac. Balzac qui avait la manie des grosses cannes ostentatoires.

Delphine s'en moque gentiment dans La canne de M. de Balzac. Elle décrit une canne outrancière, décorée, ridicule. Canne remarquée par le personnage principal du roman, Tancrède, un très beau jeune provincial à qui son physique avantageux joue des tours : personne ne veut lui donner du travail malgré les recommandations dont il dispose, l'un craignant pour sa fille, l'autre pour sa femme ou sa mère.

Donc, Tancrède est stupéfié par cette canne qu'il ne s'explique pas. Jusqu'à ce qu'il découvre qu'elle peut procurer le don d'invisibilité – ce qui explique les connaissances de Balzac sur tous les sujets et tous les milieux, espionnés grâce à elle.

Tancrède obtient ni une ni deux de Balzac qu'il la lui prête, et les aventures commencent autour de cette canne qui est échangée, reprise, sans que la plupart des possesseurs se doutent de son pouvoir et comprennent le pourquoi des mésaventures qu'ils vivent.

Spirituel, psychologue, fin, La canne de M. de Balzac m'a amusé. Ça manque un peu de profondeur, peut-être. Une superficialité liée à un certain esprit français. Mais pourquoi bouder son plaisir ?

 

Delphine de Girardin La canne de M. de Balzac

Commentaires

Amusante mythologie qui se crée autour d'un romancier. Balzac lui-même disait que la conscience pouvait voyager à travers l'espace et découvrir les intérieurs, les chambres privées des gens, et les révéler ensuite dans les romans. Il croyait en une sorte de magie, mais quand même matérielle, il ne disait pas qu'on pouvait sonder le fond des âmes, contrairement à Victor Hugo.

Écrit par : Rémi Mogenet | 31/08/2012

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