04/12/2013

Achalay – Entre bidonville et communauté

par Anne Bottani-Zuber

 

 

 

Il y a un cochon que deux enfants tentent d’attraper, que deux fermiers égorgent puis nettoient avant de le pendre à une corde métallique et il y a la Gringa qui, bien qu’elle doive se rendre à une réunion, décide d’assister à cette scène.

 

Il y a la señora Fanny qui cueille des roses et qui les place sur le réservoir de la chasse d’eau des toilettes.

 

Il y a des liens un peu abîmés, un peu distendus entre les enfants de la Communauté de San Andrès et leurs familles restées dans les bidonvilles de Lima, des liens qu’avec l’aide des éducateurs, ils vont certainement pouvoir raccommoder.

 

Il y a le bruit de l’eau, celle du Canal Madre qui irrigue le terrain où vit la Communauté, une eau qui rafraîchit, qui abreuve, qui irrigue et qui lave, une eau dans laquelle les enfants peuvent jouer. Profiter de cette eau est un don du ciel, un miracle pour ces enfants qui ont vécu dans des bidonvilles.

 

Il y a des robustes princesses qui manient des échalas en guise d’épée pour faire fuir des chevaliers errants sans cheval.

 

Il y a des gestes que les jeunes apprennent : scier, poncer, clouer, enfoncer, souder, visser, emboîter. C’est à l’atelier de menuiserie que ça se passe. Et ça permettra peut-être un jour de « réparer le monde ».

 

Il y a des gestes que font les aînés à la santé précaire. Pour jouer de la musique, faire de la gymnastique, créer des bijoux, des dessins, des sculptures.

 

Il y a Paco et Fernande, les fondateurs, il y a des bénévoles, des éducateurs, des anciens résidents. Ils parlent de ce projet fou qu’ils ont porté, ou auquel ils ont adhéré, ou dont ils ont bénéficié. Ils parlent de solidarité, de respect, d’amour du travail bien fait, de pédagogie du lien, du plaisir d’aller à l’école, du pain à couper pour huitante personnes, du travail de la terre, des baignades dans l’étang, de l’élevage des lapins. Ils parlent de leurs joies et de leurs difficultés. Ils parlent d’une « utopie réaliste ».

 

Il y a enfin la Gringa Antoinette Fallet Girardet, une enseignante lausannoise, qui a décidé de prendre un congé sabbatique pour écrire ce livre-mosaïque coloré et poétique. On s’y plonge et on en ressort rafraîchi, ravigoré, nourri. Ce qui se fait là-bas au Pérou avec des enfants, des jeunes et des adultes handicapés, tous issus d’un milieu très défavorisé, nous est utile à nous aussi. Ce livre n’inspire pas la pitié, il fait envie. Il donne des pistes pour construire un monde plus fraternel.


 

Antoinette Fallet Girardet – Achalay - Entre bidonville et communauté - Editions A la Carte

 

Pour commande : Antoinette.Fallet-Girardet@hepl.ch

 

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