19/12/2014

L’Aquarium et les röstis

 

par Anne Bottani-Zuber

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Le premier roman de Cornélia de Preux « L’Aquarium » raconte une histoire aux accents kafkaïens. C’est une histoire d’enfermement. Un homme s’obstine, emmène les membres de sa famille dans un huis clos dont ils ne sortiront pas indemnes. Ou ne sortiront pas tout court …

Ce livre a été réédité deux fois. Il a réussi à faire son chemin en Suisse alémanique. Un gymnasien de Nidwald, Hendrick Rogner, a traduit plusieurs passages, en a fait son travail de maturité et, avec ce dernier, a gagné le prix de la Oertli-ch. L’auteure vient d’être invitée à rencontrer trois classes du collège St Fidelis de Stans, qui ont étudié le livre.

Oui, vous avez bien entendu. Ceci s’est passé à Nidwald. Dans ce canton qui a supprimé l’enseignement du français à l’école primaire. Mais qui, on le sait moins, a également décidé de rendre obligatoire un séjour linguistique en Suisse romande pour les élèves du secondaire.

N’est-il pas paradoxal qu’un livre qui parle d’enfermement réussisse à faire ce que les politiques publiques peinent à réaliser : jeter des ponts entre la Suisse romande et la Suisse alémanique ?

Mais quand on connaît l’auteure, cela s’explique. Sa famille est d’origine autrichienne, elle a vécu en Valais, aux Etats-Unis, à Genève, à Berne, à Zürich, elle vit à présent à Lausanne … Elle est journaliste et traductrice. Et surtout, surtout, c’est une personne enthousiaste. Je la suspecte de se moquer éperdument de la barrière des röstis

.Il ne faut pas désespérer du fossé qui se creuse entre les parties linguistiques de ce pays. Il faut simplement un peu d’enthousiasme, un peu de curiosité. Et chacun, à sa place, jeter des ponts. C’est ce qu’a fait tout naturellement et sans grand discours Cornélia Mühlberger de Preux, écrivaine et citoyenne de ce pays.

Pour terminer, je vous livre un secret : on n’a pas fini d’entendre parler de ce roman …

L’Aquarium – Plaisir de Lire – Cornélia de Preux - 2012

 

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