07/06/2015

VIH, virus or not virus?

Par Pierre Béguin

Un virus est fondamentalement démocratique. Il se propage de manière aléatoire dans toutes les couches de la société, il ne reconnaît ni genre ni race ni frontières politiques, sociales ou géographiques. Or, les épidémies censées être causées par le VIH-SIDA diffèrent tant du point de vue clinique qu’épidémiologique: tandis qu’en Afrique elles semblent aléatoires, en Europe et aux Etats-Unis, elles sont fortement non aléatoires, touchant 80% des hommes et se limitant principalement à des groupes marginaux à risque.

Un virus n’est ni polyvalent ni polymorphe. Le virus de la rougeole, par exemple, n’est présent que chez les rougeoleux, celui de la grippe que chez les grippés. Avec la VIH-SIDA, une nouvelle ère a commencé: celle des virus polyvalents, polymorphes et tout-puissants, capables de causer une importante variété de maladies infectieuses dues à l’immunodéficience, mais aussi des pathologies n’ayant rien à voir avec le système immunitaire.

En se basant sur les mêmes critères que pour toutes les autres maladies de type viral, le VIH devrait provoquer le SIDA dans les semaines suivant l’infection. Or, il nécessite, prétend-on, une période de latence de 5 à 10 ans après l’apparition de la réaction immunitaire antivirale. De même, toutes les maladies vénériennes, dès qu’elles ont été sexuellement transmises, provoquent une infection dont les symptômes sont manifestes après quelques jours, contrairement au «virus» du SIDA qui ne provoquerait une séroconversion qu’après plusieurs semaines ou mois.

Voici trois constatations parmi beaucoup d’autres que d’éminents scientifiques toujours plus nombreux – et parmi eux plusieurs prix Nobel – formulent pour mettre en cause la version officielle qui veut qu’un virus, appelé virus de l’immunodéficience humaine (VIH), soit la cause de l’épidémie SIDA. Ces opposants à la thèse officielle, qu’ils suspectent d’être manipulée par les grands groupes pharmaceutiques, sont appelés les «dissidents». Des illuminés?

Rappelons tout d’abord que, de 1981 à 1984, en considérant que l’immunodéficience constituait le dénominateur commun à cette apparition d’une nouvelle épidémie qui semblait frapper les milieux homosexuels de manière non aléatoire, de nombreux chercheurs de pointe, confrontés à ces cas soudain d’effondrement du système immunitaire, ont suspecté plusieurs causes pour expliquer cette nouvelle pathologie, parmi les plus évidentes l’utilisation de substances toxiques et le style de vie des malades (malnutrition par exemple). Ce n’est qu’à partir de 1984 que des chercheurs du gouvernement américain ont émis l’hypothèse qu’un virus était la cause de cette nouvelle pathologie. Bientôt, on annonça, aux Etats-Unis et en France (on se souvient de la controverse entre les professeurs Gallo et Montagnier, le premier se voyant finalement contraint de partager son petit pactole avec le second), avoir découvert un agent infectieux, le VIH, à qui l’on attribua la responsabilité exclusive du syndrome.

Dès lors, en 1985, le public fut averti qu’un terrible fléau menaçait le genre humain, par un battage médiatique – «fort bien orchestré» prétendent les dissidents, et qui fit dire à Coluche que «le SIDA est une maladie qui se transmet médiatiquement» – dont le résultat fut de susciter un vent de panique dans la population.

Pourquoi, alors que la malnutrition et l’usage de substances dangereuses pour le système immunitaire (drogues, certains médicaments, sang transfusé) étaient parfaitement connus et documentés comme causes d’immunodéficience, l’hypothèse du virus seule prévalut? Pourquoi, alors que les premiers cas de SIDA observés et décrits faisaient tous mention d’usage de drogues dures (poppers) et qu’il était connu que ces malades, tous homosexuels, ne s’étaient jamais rencontrés, donc n’auraient pas pu se contaminer l’un l’autre, contre toute évidence a-t-on privilégié la thèse de la maladie infectieuse? Parce que les recherches, principalement aux Etats-Unis, devenaient un big business qui exigeait des crédits énormes. Selon les dissidents, tant que les malades étaient seulement des homosexuels drogués, leur nombre n’était pas suffisant pour justifier des crédits monumentaux. D’où «l’invention» du SIDA hétérosexuel, soi-disant échappé du premier groupe à risque par le chaînon des bisexuels. Sonnèrent alors les clairons du malheur: ainsi libéré de ses premières frontières, le fléau, sous la forme d’un monstrueux virus, allait faire des ravages dans le monde, décimant des populations entières. Dès lors, les crédits publics se mirent à pleuvoir… et ils pleuvent toujours. Voici venu le temps du SIDA business. Quant aux scientifiques, comme le concède l’un d’entre eux, ils vont naturellement là où se trouvent les crédits. D’autant plus que l’omerta contre les opposants à la thèse du virus fut radicale: suppression des crédits de recherche, censure des principales revues scientifiques, statut universitaire contesté, etc.

Sauf que… Trente ans plus tard, toujours pas le moindre petit vaccin en vue. «Et pour cause» ironisent les dissidents. Pire: non seulement il n’existe à ce jour, toujours selon nos dissidents, très strictement aucune preuve de la contagiosité du SIDA, aucune investigation n’a jamais réussi à mettre directement en évidence, chez un malade du SIDA, la moindre particule virale, ni la moindre particule de rétrovirus. En clair, le VIH reste insaisissable. Trente ans de recherche et des montagnes de dollars plus tard, le microbe est toujours virtuel. Mais le plus monstrueux, accusent les dissidents, c’est que la communauté scientifique n’a rien trouvé de mieux que de traiter des patients immunodéficients à l’aide de produits immunodépresseurs, aggravant ainsi leur état au lieu de l’améliorer, et que cette médication dangereuse est parfois prescrite à des personnes en parfaite santé, sous le prétexte qu’un test sérologique positif les avait classées dans la catégorie des victimes d’une prétendue infection. Un test dont la pertinence est bien évidemment contestée.

Voici fortement schématisés et résumés les principaux postulats énoncés par le Docteur Etienne de Harven, professeur d’anatomopathologie à l’Université de Toronto, dans son livre Les dix plus gros mensonges sur le SIDA, paru aux éditions Dangles en 2005. Il y aborde entre autres les questions suivantes:

  • Si le VIH est la cause du SIDA, pourquoi le SIDA touche-t-il de nombreuses personnes qui s’obstinent à rester séronégatives?

  • Pourquoi, même chez un malade en phase terminale, les chercheurs détectent-ils si peu d’activité virale qu’elle serait incapable d’affaiblir le système immunitaire?

  • Comment se fait-il qu’aucun rétrovirus n’ait jamais provoqué la moindre maladie chez l’homme, sauf le VIH?

  • Pourquoi le fait de posséder des anticorps contre un virus est-il le signe que le corps réagit favorablement, excepté dans le cas du VIH?

  • Comment le VIH peut-il provoquer des dizaines de maladies dont certaines n’ont rien à voir avec l’immunodéficience?

  • Pourquoi les personnes séropositives correctement nourries, n’absorbant ni stupéfiants ni médicaments antiviraux et ayant correctement géré leur stress ne développent-elles pas de SIDA?

  • Pour quelle raison le SIDA touche-t-il massivement les hommes dans les pays développés et préfère-t-il les femmes dans les pays pauvres?

Et bien d’autres questions pertinentes encore. Que les choses soient bien claires: parfaitement béotien en la matière, je ne saurai prendre parti. Mais puisque nous avons deux yeux, deux oreilles, et même deux lobes de cerveau, nous pouvons  entendre deux sons de cloche et appréhender deux théories opposées sans que ne s’embrouillent nos neurones. Comme le disait Scott Fitzgerald cité en exergue par l’éditeur: «Le signe d’une intelligence supérieure est de pouvoir entretenir simultanément deux idées contradictoires dans son esprit, et de continuer d’agir». A celles ou ceux capables d’une telle ouverture, je recommande vivement cette lecture.

 

Les dix plus gros mensonges sur le SIDA, Etienne de Harven, Jean-Claude Roussiez, Dangles éditions, 2005

Commentaires

"Si le VIH est la cause du SIDA, pourquoi le SIDA touche-t-il de nombreuses personnes qui s’obstinent à rester séronégatives?"

Il peut y avoir d'autres causes à une immunodéficience.

"Pourquoi, même chez un malade en phase terminale, les chercheurs détectent-ils si peu d’activité virale qu’elle serait incapable d’affaiblir le système immunitaire?"

Parce que le système immunitaire hôte des virus est détruit: "Un rétrovirus se distingue d'un virus ordinaire par le fait que son ARN est converti en ADN par un enzyme appelé transcriptase inverse. Sa reproduction et sa survie sont totalement dépendantes de la viabilité de la cellule-hôte. Si la cellule-hôte meurt, le virus est achevé !"

http://www.sidasante.com/critique/escro.htm

Il faudrait que les vih négationnistes commencent par se mettre d'accord.

"Comment se fait-il qu’aucun rétrovirus n’ait jamais provoqué la moindre maladie chez l’homme, sauf le VIH?"

C'est faux. Du reste la maladie n'est pas provoquée directement par le virus, mais par des effets induits, à savoir la destruction du système immunitaire.

"Pourquoi le fait de posséder des anticorps contre un virus est-il le signe que le corps réagit favorablement, excepté dans le cas du VIH?"

C'est faux. Le corps réagit, mais comme ce sont les cellules chargées de détruire les virus qui sont infectées, la seule manière de détruire le virus est de détruire les cellules hôtes.

"Comment le VIH peut-il provoquer des dizaines de maladies dont certaines n’ont rien à voir avec l’immunodéficience?"

C'est faux. S'il est fait référence aux cancers, ils résultent aussi d'une immunodéficience. Les dizaines de maladies opportunistes se développent suite à l'effondrement du système immunitaire. Et il est toujours possible de mourir d'une autre "maladie": avc, diabète, crise cardiaque,...

"Pourquoi les personnes séropositives correctement nourries, n’absorbant ni stupéfiants ni médicaments antiviraux et ayant correctement géré leur stress ne développent-elles pas de SIDA?"

Voilà qui va faire plaisir aux premières personnes touchées par l'épidémie avant la mise au point des médicaments, qui ne se savaient pas malades et qui n'avaient aucune raison de mal gérer leur stress. Et pour prouver leurs affirmations (gratuites) les auteurs vont se contaminer et gérer leur stress. Rendez-vous dans 10 ans.

"Pour quelle raison le SIDA touche-t-il massivement les hommes dans les pays développés et préfère-t-il les femmes dans les pays pauvres?"

Parce que dans les pays riches il touche principalement les gays, alors qu'en Afrique les hommes ont plusieurs "bureaux".

"Pourquoi, alors que la malnutrition et l’usage de substances dangereuses pour le système immunitaire (drogues, certains médicaments, sang transfusé) étaient parfaitement connus et documentés comme causes d’immunodéficience, l’hypothèse du virus seule prévalut?"

Les gays californiens mal nourris et drogués, il faut oser. Et dans les pays pauvres, bonjour l'usage de drogues quand les gens n'ont souvent pas assez d'argent pour se nourrir correctement. On notera que de manière générale l'usage de drogues et la malnutrition ne datent pas des années 80.

"Pourquoi, alors que les premiers cas de SIDA observés et décrits faisaient tous mention d’usage de drogues dures (poppers) et qu’il était connu que ces malades, tous homosexuels, ne s’étaient jamais rencontrés, donc n’auraient pas pu se contaminer l’un l’autre, contre toute évidence a-t-on privilégié la thèse de la maladie infectieuse?"

Pur mensonge, pur délire. Il est tellement facile d'affirmer sans aucune preuve. Et il y a d'autres voies de transmission que le sexe. Comme des campagnes de vaccination contre l'hépatite avec des seringues infectées.

Écrit par : Dr Canard | 07/06/2015

Dr Connard, I presume?

Écrit par : Edouard | 07/06/2015

"A lire également: Duesberg P.H., L'Invention du virus du Sida, marco pietteur, Embourg, 2012. Historique de la recherche obstinée d'un virus par des virologues désoeuvrés (après l'échec de la recherche de virus du cancer), analyse critique de tous les fondements de l'hypothèse VIH-Sida, mise en lumière de ses paradoxes nombreux, exposé de l'explication initiale, non grevée de paradoxes, etc. Une investigation monumentale de 600 pages, à lire avant de liquider immédiatement les "dissidents" qui ne demandent qu'un réexamen dès les fondements de l'hypothèse officielle, comme cela pourrait/devrait se faire dans une science ouverte à la discussion critique."

Écrit par : Duverney | 07/06/2015

J'apprécie beaucoup le soin que vous avez mis à nous transmettre cet ouvrage très important au sujet du VIH-Sida.
C'est évidemment très simple de se concentrer sur un agent et de chercher à le pourfendre, soit avec des molécules, soit avec un vaccin. Or, au début, il n'était pas question d'une infection par virus mais bien d'un SYNDROME, à savoir un ensemble de symptômes.
Même la sérologie en est floue puisqu'elle peut se révéler positive dans bien d'autres situations.
En cherchant à traiter l'immunodéficience, il est indispensable de chercher les différents systèmes de l'organisme qui contribuent par leurs insuffisances ou leurs dysfonctionnements à cette déficience.
Cette façon d'aborder le terrain sur lequel se développe une pathologie peut être étendue autant au malade cancéreux qu'au tuberculeux ou toute autre maladie affaiblissant un être vivant.
Un autre exemple de simplification d'une épidémie est Ebola. Les médias nous ont beaucoup parlé des morts, des zones touchées et des mesures de protection mais rien n'a été publié quant aux causes qui ont contribué à cette faillite de la santé.
Ainsi, différentes personnes se sont guéries du sida par une démarche englobant aussi bien les dimensions physiques que psychiques du syndrome.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 08/06/2015

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