22/08/2018

Les Carnets de CoraH (Épisode 51)

Épisode 51 : Rimbaud en rêvant : caractères des galets voyous : E comme Epicurien
@les carnets de Corah O'Keeffe
E, cercle ouvert et symétrique 

sur l’axe fixe interroge 


lettre ou chiffre en miroir, 

blanc ou noir, 

angulaire ou bombé, 

biffons dichotomique 

accentué ou indexé selon le sens 

trident harponnant ou écartant 

les possessions griffées 

vers l’ataraxie ou la fièvre acheteuse, 

l’autarcie ou la vaine abondance.

Ainsi, Epicure en son Jardin réfléchit à son bonheur. « J'veux ça » ou « j'veux pas » est sa règle ; « ici » et « maintenant » est sa démesure.  

Pour se penser vraiment heureux, Epicure ne retient que des besoins qu’il juge absolument nécessaires, le manque est sa piqûre de rappel. Le plaisir provient immanquablement des désirs naturels qu’il satisfait sans chichi. Peu charcutier dans l’âme, il est forcément végétarien. Epicure laisse ainsi de côté les attentes hors normes de la société de consommation qui lui coûtent un bras. Il se méfie du luxe qui se mesure au seul mérite qu’on le vaut bien. Il déteste l’abondance qui ramollit la silhouette et plonge l’âme dans l’ennui et la dépendance. Il dépense en comptant ce qu’il a, mais ne pense ni à l’épargne ni au crédit. Il gagne à être connu bien qu’il soit boudeur parfois et tire la gueule. On trouve parfois du champagne à sa table, ainsi que des amis fidèles. Alceste, le misanthrope, y satisfait son désir de franchise en parlant de sa retraite et de ses amours déçues. Candide vient s’y instruire avec Cunégonde, la merveilleuse pâtissière, et Pangloss, son précepteur. Tous se sont détournés du monde pour mieux cultiver leur Jardin.

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