08/07/2018

Les Carnets de CoraH (Épisode 42)

Épisode 42 : Impressions de Bali I

« À quoi sert de voyager si tu t’emmènes avec toi ? C’est d’âme qu’il faut changer, non de climat » Sénèque

JimbaranMettre le pied à Bali, c’est être sollicité de suite par une horde de chauffeurs de taxi qui brandissent des pancartes bricolées avec plein de noms occidentaux. On feint de chercher le nôtre pour gagner un peu de temps. Mais au final, on ne choisit pas, on est choisi. On se met d’accord sur le prix d’une course jusqu’à la plage de Jimbaran dans le sud bien qu’il ne corresponde pas au prix indiqué par les guides. Tout se négocie par milliers de roupies, voire centaine de milliers. La tête me tourne. Ici le pigeon est millionnaire. Je suis forcément déroutée avec ces épaisses liasses de billets qui sortent de ma poche.

La plage de Jimbaran est bien connue des surfeurs. Les vagues déferlantes engloutissent en permanence dans leurs tubes d’innombrables acquaplanchistes. Le spectacle à quelques mètres du bord vaut le détour. Mes pieds s’enfoncent profondément dans le sable lourd et mouillé. Il me force à ralentir le pas. Je traîne la patte. Des coraux fossiles et de petits coquillages foncés jonchent le sol de sable fin. L’envie nous prend alors de louer des transats pour la journée mais une fois l’affaire réglée, les prix montent quand le plagiste me voit arriver à la traîne. Il veut nous faire payer le transat une deuxième fois. Pas moyen de lui faire entendre raison. C’est un roc sans mémoire et je suis têtue. L’abîme se creuse dans la culture du tourisme.

Dans le warung d’à côté je mange une « salade verte ». Mon assiette, d’un rafinement extrême, me ravit. Les légumes sont variés et découpés avec soin. C’est la simplicité dans toute sa délicatesse. Une rencontre est alors possible.

Aujourd’hui dimanche, nous sommes attendus pour un brunch au Café Batu Jimbar. « Tout Sanur y sera ! » avise-t-on.

 

Photo privée ©Corah O'Keeffe