Eloge du célibat (08/11/2007)

 

 

par Pascal Rebetez

 

« Branle-bas à la maison. Elise a perdu son dentier, tout en or, qui valait une fortune. » Elise, c’est l’épouse détestée de Marcel Jouhandeau celui qui, dans les vingt-six volumes des Journaliers que publia Gallimard, laisse aller sa rogne contre cette créature épouvantable, la colérique, son épouse cependant quarante-deux ans durant, lui l’homosexuel coupable, jamais en retard d’un outrage à Dieu. Et parfois aux hommes, puisqu’on lui en a voulu d’avoir écrit un pamphlet antisémite que je n’ai pas lu. Mais j’ai aimé replonger dans l’intimité du grand bourgeois français, tout en adorations vénielles et en détestation olympiennes, pour parler comme Décaillet. Et sa femme, cette Elise, grande prêtresse suffocante, je l’ai revue dans les archives de la TSR en 1963, affalée sur sa couche, méchante, hargneuse, blessée, morigénant son hypocrite époux qui préfère courir les garçons plutôt que de lui apporter, à elle, un minimum d’affection. Vous pourrez en voir un extrait dans l’émission Vu à la télé sur TSR1 du 9 décembre prochain. C'est du plus grand cocasse et particulièrement bienvenu pour les célibataires qui auraient quelque remord à ne pas (ou plus) vivre en ménage: mieux vaut être seul que mal accompagné.

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