Sur le silence des écrivains face à l'UDC (suite) (25/12/2007)

 

Pour prolonger la réflexion entamée il y a quelques semaines et qui avait déchaîné quelques passions en ligne (à lire ici) , nous présentons aujourd'hui un article de Michel Moret - en charge des éditions de l'Aire - à paraître ces jours dans 24 Heures. En définitive, tout ce silence commence à faire du bruit...
Les blogres


La chute de Christoph Blocher était inscrite dans le ciel

 

Par Michel Moret

Tout le monde le savait, Blocher tribun zurichois, pensionné AVS ne représentait pas l’avenir pour son parti politique et encore moins pour son pays. En fait, il est victime de l’esprit suisse qui consiste à couper tout ce qui dépasse – esprit qu’il cultiva avec ardeur et qui se retourna contre lui. Comment ne pas penser au bourgmestre de Zurich : H. Waldmann qui au 15e siècle fut condamné à mort par le peuple qui ne lui pardonnait pas certaines mesures autoritaires notamment celle d’avoir interdit les danses publiques. On pense aussi aux grandes tragédies et aux paraboles bibliques où l’on constate qu’un homme ne parvient jamais à satisfaire tous ses désirs. Blocher a connu la fortune, le pouvoir et il voulait parfumer sa gloire avec le titre de Président de la confédération. Ce rêve lui échappera. Heureusement. On imagine mal les députés de son parti qui lui obéissent aveuglément lui dire : « Christoph, ton ticket n’est plus valable. » Et pourtant, un jour, il faut tourner la page. Cette éviction va faire un tri intéressant parmi cette députation d’extrême droite où l’on compte plus que l’on ne pense. Espérons que les délégués de cette famille exprimeront leur propre pensée et ne limiteront pas leur activité à lancer sempiternellement des initiatives xénophobes.
Par ailleurs, quelque chose d’inconscient et d’oedipien a surgi parmi les parlementaires. Quelque chose d’animal aussi. Le besoin de changement de génération m’a fait songer à un troupeau de bouquetins qui éprouve à un certain moment la nécessité d’écarter l’ancêtre. La répétition des mots d’ordre et des discours unilatéraux finit par créer la lassitude. Reconnaissons néanmoins que Blocher, même s’il n’a pas confiance en l’homme, a marqué profondément sa génération. Pourtant, sa vie politique se termine par un double échec : sa non réélection au Conseil fédéral et sa non résolution du problème migratoire malgré l’étendue de ses pouvoirs. Dans sa biographie, ses échecs seront plus importants que ses victoires. Cela fait partie des mystères du destin.

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