Rémy Pagani et le réchauffement climatique (13/01/2020)

Par Pierre Béguin

«Un cadeau de Noël» selon Christian Monteil, président du département de la Haute-Savoie, qui salue par cette formule la signature le 24 décembre dernier par le premier ministre français d’un décret déclarant d’utilité publique les travaux d’un tronçon autoroutier entre Machilly et Thonon-les-Bains. Le projet de liaison à péage de 16,5 km sera géré par un concessionnaire privé, et permettra de relier Thonon à Annemasse, facilitant ainsi l’accès à Genève pour les frontaliers. Le décret gouvernemental tombe neuf jours après la mise en circulation du Léman Express, dont le tracé est quasi identique. De quoi heurter les associations de défense de l’environnement dans la région. Et bon nombre d’élus genevois…

Parmi eux, Rémy Pagani, pris à parti vendredi dernier par une excellente journaliste de Radio Lac – une des seules rédactions encore un peu incisives actuellement – qui fait remarquer judicieusement à notre élu genevois, beuglant à tue-tête contre cette réalisation scandaleuse et absurde, qu’il avait lui-même, en 2016, donné son aval à ladite réalisation en signant en bonne et due forme un accord en ce sens avec les représentants de Haute-Savoie. Et Pagani, pris la main dans le sac de ses incohérences, de très mal se défendre en prétendant qu’à l’époque (en 2016 donc, pensez-donc, la préhistoire!) il n’y avait pas d’urgence climatique!!!

On croit rêver! L’urgence climatique au secours des incohérences de nos élus! Qu’elle ait déjà servi à toutes les sauces, des tornades aux incendies en passant par les inondations et le manque de neige dans nos stations, passe encore! Mais à justifier les grands écarts idéologiques de nos édiles, ça c’est nouveau. Bien sûr, être politicien en Suisse, c’est avant tout exercer l’art du compromis: «je te donne ça mais tu me donnes ça en retour». Ce qu’a très probablement dû faire Rémy Pagani en signant cet accord. Mais alors pourquoi simplement ne pas l’admettre et l’expliquer au lieu de vociférer contre un projet auquel on a officiellement donné son aval? A croire que nos politiciens ont simplement perdu l’habitude d’avoir, face à eux, des journalistes qui font encore leur travail au lieu de leur servir la soupe.

Pour rappel à Rémy Pagani, en 2016 donc, le CEVA était en construction (on nous l’avait promis pour 2017) et le GIEC, créé en 1988 pour étudier les causes du réchauffement climatique et son impact sur la planète, nous prédisait depuis longtemps, bien avant Greta, la disparition des neiges, des glaciers, des pôles, la montée des eaux, les réfugiés climatiques par millions et la fin du monde dans les deux ou trois ans.

Mais que faisait donc Rémy Pagani en 2016, à part signer des accords autoroutiers avec la France? Telle est la véritable question qui nous préoccupe...

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