Maman quand j'serai grand... (30/10/2021)

Par Pierre Béguin

Des chiffres que je tiens d’un pharmacien qui préfère garder l’anonymat:

Avant qu’il ne devînt payant, le test Covid coûtait 47 francs, prix imposé par la Confédération. Au prix de revient, il coûte 7 francs. Ce qui laisse 40 francs de bénéfice par test. Mon pharmacien en fait entre 100 et 120 par jour, soit (prenons 100 comme base) 4000 francs de bénéfice, soit encore (la pharmacie étant ouverte 6 jours par semaine) près de 100000,- francs par mois.

Maman quand j’serai grand, j’voudrais bien être pharmacien…

Certes, depuis que le test est payant, des pharmaciens ont baissé son prix. On en trouve maintenant entre 39 francs et 20 francs. Il en est même un, paraît-il, qui le facture 11 francs, ce qui lui laisse tout de même, malgré son honnêteté méritoire, près de 10000 francs de bénéfice sur les seuls tests. Y’a pas à dire: le Covid, c’est une affaire qui marche!

Mais ce qui m’attriste et me révolte en même temps, c’est que, si l’on en croit un dernier sondage, 67 % des Suisses soutiennent le passeport sanitaire. Soyons précis: je suis vacciné, et plutôt deux fois qu’une; une décision que je n’ai pas prise en connaissance de cause (personne ne peut le prétendre) mais que j’assume, et que j’assumerai même en cas d’effets indésirables (je n’aurai, le cas échéant, pas d’autres choix, les big pharmas s’étant courageusement exemptés de toute responsabilité). Mais de là à soutenir l’obligation du vaccin, et sachant que ce dernier n’empêche nullement la contamination, il y a un pas qu’il me semble tout simplement scandaleux de franchir. Que plus de deux tiers de mes concitoyens se soient transformés en autant de petits Néron de l’Altruisme, prêts à enclencher cette abjecte machine à criminaliser qui fait du totalitarisme un devoir d’ingérence, me semble effrayant. Comment peut-on décemment obliger quelqu'un à commettre un acte dont il devra seul assumer la responsabilité?

Que sommes-nous devenus? Des millions de robots décérébralisés accueillant avec ravissement une dose supplémentaire de servitude?

Maman quand j’serai grand, j’voudrais bien être pharisien…

A la fin de sa vie, Georges Bernanos se souvenait qu’au temps de sa jeunesse «la formalité du passeport semblait abolie à jamais». Ensuite, doucement mais sûrement, puis de plus en plus rapidement, l’étau s’est resserré et, dès 1945, il a assisté, écrit-il, à l’émergence d’«une humanité docile, de plus en plus docile à mesure que l’organisation économique, les concurrences et les guerres exigent une réglementation plus minutieuse...» Avant de s’écrier, épouvanté: «Ce que vos ancêtres appelaient des libertés, vous l’appelez déjà des désordres».

Maman quand j’serai grand, j’voudrais bien être écrivain...

 

 

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